• Le doux nom des dépressions

    Pourquoi "June" s'appelait-t-elle June ?

    C'était la question que je posais dans mon post précédent.

    La réponse très complète vient d'être apportée par Elif Kayi dans son excellent article paru sur le site Internet de Nouvelle Calédonie 1ère : Pourquoi "June" s'appelait-t'elle June ?

    Je vous en propose la lecture ci-dessous.

    Par Elif Kayi Publié le 21/01/2014 

    En Nouvelle-Calédonie, la dernière dépression tropicale a été baptisée June. Mais qui a choisi de l'appeler ainsi ? 

    Le doux nom des dépressions

    June, Vania, Becky, Kerry… L’idée de donner "des petits noms" aux phénomènes météorologiques peut avoir de quoi faire sourire à première vue. Pour les pévisionnistes, baptiser les dépressions tropciales est cependant une action incontournable dans leur protocole de travail.

    Nommer les phénomènes météorologiques importants permet de faciliter la communication avec le grand public en termes de prévisions et de prévention. Car si le public associe un phénomène climatique à un nom précis, il sera plus réactif dès qu'il entendra ce nom, lorsque celui-ci est par exemple prononcé sur les antennes ou à la télévision. Et sera dès lors plus attentif aux consignes de sécurité.
     
    Mais tous les phénomènes climatiques ne reçoivent pas un nom. Seuls ceux développant certaines caractéristiques se retrouvent baptisés. Le dernier en date sur le territoire calédonien, "June", avait ainsi d’abord été annoncé sur le site de Météo France et par la Direction de la sécurité civile de Nouvelle-Calédonie sous l'appellation de "phénomène de dépression tropicale non nommé".
     
    Mais qui décide des noms qui attribués aux dépressions tropicales ?
    On raconte que le premier nom de cyclone aurait été donné au début du 20ème siècle par un prévisionniste australien, qui s’amusait à donner aux cyclones les noms des hommes politiques qu’il n’aimait pas.
     
    Mais aujourd'hui, pas de libre cours à la fantaisie et à l'humeur des météorologues. On est aussi loin du brainstorming, en mode cellule de crise, à l’apparition de chaque phénomène pouvant potentiellement se transformer en cyclone ou en ouragan. Le choix des noms pour les dépressions tropicales se fait en fonction d’un système extrêmement précis et presque mathématique.
     
    Depuis les années 1950, les noms sont piochés dans les listes alphabétiques établies par le Centre national des Ouragans des Etats-Unis. Au départ, seuls les prénoms féminins étaient utilisés, et dans les années 1970, des prénoms masculins ont fait leur apparition.
     
    La planète est découpée en différentes zones géographiques, selon des latitudes et longitudes, et chaque zone dispose de listes de prénoms spécifiques.
     
    Ainsi, la région du Pacifique Sud comporte trois zones : l’Australie, Nandi - ou secteur des îles de Fidji - et Port Moresby. La Nouvelle-Calédonie fait partie de la zone de Nandi.
     
    Dans son ensemble, le Pacifique Sud fonctionne avec un système mis en place en 1978, qui comporte 4 listes de prénoms, classés par ordre alphabétique. Seule la lettre Q ne figure pas dans les listes, car il existe trop peu de prénoms commençant par cette lettre.
     
    Chaque liste correspond à une année. Ce qui signifie que tous les quatre ans, on recommence avec la même liste et on reprend au prénom où l'on s'était arrêté lors de la précédente période.
     
    Voici la liste des prénoms pour le secteur des îles Fidji

    Le doux nom des dépressions

    © srh.noaa.gov


    Si on suit la logique alphabétique du tableau, nous nous situons en 2014 dans la colonne "C". "June" fait ainsi suite au cyclone qui venait de se produire peu de temps avant, dans la zone de Nandi, à savoir Ian. Le prochain cyclone de 2014 dans cette région devrait donc s’appeler Kofi.

    L’année 2015, par contre, correspondra à une autre colonne. Et la liste E correspond quant à elle aux prénoms auxiliaires, qui viendraient remplacer un nom qui ne serait plus donné.  

    Les prénoms peuvent-ils être retirés des listes ?
    Si différentes dépressions tropicales peuvent porter le même nom à plusieurs années d'écart - on peut alors parfois ajouter un numéro - il n’en va pas de même des catastrophes particulièrement dévastatrices et meurtrières. Leur nom est alors retiré de la liste.
     
    En Nouvelle-Calédonie, tout le monde se souvient avec émotion d’Erica, qui avait durement frappé le territoire en mars 2003, causant la mort de deux personnes et provoquant plus de 3 milliards de francs CFP de dégâts déclarés. Erica est un exemple de dépression tropicale, dont le nom ne sera pas ré-utilisé en raison du fort impact psychologique et traumatisant qu’il a pu avoir sur la population.
     
    Pour l’anecdote, dans la colonne des noms auxiliaires du secteur de Fidji, on trouve le prénom « Zidane » à la lettre Z. A quand donc un cyclone portant le prénom de l'ancien capitaine de l'équipe tricolore ?
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